Archive pour la catégorie ‘Les compagnes des fougères au jardin’

Asarum splendens

Samedi 18 janvier 2014

Asarum splendens

Asarum splendens est une plante vivace originaire de Chine appartenant à la famille Aristolochiaceae. Bien que connue sous le nom populaire de gingembre sauvage d’Asie, cette plante n’appartient pas à la famille des zingibéracées, ce qui montre, s’il en était besoin, que les noms vernaculaires peuvent induire en erreur.

Le genre Asarum comporte plus d’une centaine d’espèces originaires des régions boisées des zones tempérées d ‘Amérique du Nord, d’ Europe et d’ Asie, la plus grande partie des espèces étant répertoriée en Chine et au Japon. Ces dernières supportent mieux une exposition légèrement ensoleillée que leurs homologues occidentales.

Plante de sous bois, Asarum splendens, appréciera naturellement les expositions ombragées et les sols humifères frais mais bien drainés comme les fougères. La rusticité est excellente et le feuillage se montre persistant jusqu’à des températures très basses. Les panachures argentées des feuilles devraient magnifiquement s’ harmoniser avec celles  d’ Athyrium niponicum ‘Pictum’.

Reineckea carnea

Samedi 14 décembre 2013

Reineckea carnea

La famille Convallariaceae comprend de nombreuses plantes susceptibles d’ accompagner les fougères aux emplacements les plus ombragés du jardin. Parmi ses membres, Reineckea carnea est une espèce rhizomateuse originaire d’ Asie qui constitue un excellent couvre sol à l’ombre. C’ est une plante très rustique au feuillage persistant  dont la discrète floraison rose survient à l’ automne. Elle s’ étale lentement mais surement et semble résister aux pires conditions, y compris l’ ombre sèche, qui est probablement la pire des conditions pour une plante vivace.

Ici elle accepte de pousser dans le feutre racinaire d’ un buis en compagnie d’ une fougère Oreopteris limbosperma.

Hakonechloa macra ‘Nicolas’

Samedi 7 décembre 2013

Hakonecloa macra 'Nicolas'

Comme je trouve l’ alliance des graminées et des fougères très réussie, je possède plusieurs cultivars de Hakonechloa macra qui est l’ une des espèces de graminées qui partage le mieux les conditions requises par les fougères.

Hakonechloa macra ‘Nicolas’ est un cultivar à feuillage vert moyen uni pendant l’ été et qui prend de jolies teintes dorées et rouges à l’ automne. Enfin en théorie, parce que si on le cultive à mi-ombre ou à l’ ombre comme il est généralement recommandé de le faire, et c’ est ce que j’ ai fait, il ne se colore pas.  Il a été déplacé au printemps dernier pour un emplacement nettement plus ensoleillé et pour la première fois à l’ automne son feuillage a arboré de jolies teintes mordorées. Attention toutefois, à un emplacement similaire, le cultivar ‘Aureola’ brûle rapidement avec les fortes chaleurs comme j’ai pu en faire l’ expérience. Sur la photo, à gauche, on aperçoit Hakonechloa macra ‘Albovariegata’, qui contrairement à ‘Aureola’ résiste bien en situation ensoleillée, est bien vigoureux et se développe plus rapidement. On le trouve également sous le synonyme de Hakonechloa macra ‘Striata’.

Hedychium greenii

Samedi 2 novembre 2013

Hedychium greenii

Hedychium greenii est une plante vivace rhizomateuse appartenant à la famille Zingiberaceae. Cette espèce native des contreforts de  l’ Himalaya et du Nord Est de l’ Inde a été découverte poussant dans une région de collines au Sud Ouest du Bhoutan par H.F. Green en 1911. Après avoir été cultivée au Jardin Botanique de Calcutta la plante fut introduite en Grande Bretagne. Dans son habitat d’ origine Hedychium greenii se développe dans des terrains humides, voire marécageux, en lisière de forêt, à une altitude variant de 900 à 1500 mètres.

De ces conditions, on peut déjà en déduire une relative rusticité, estimée jusqu’à -10° avec un bon paillage. A titre d’ exemple ma plante qui avait été mise en place à l’ automne 2011 a parfaitement supporté la longue période de gel de février 2012. En revanche la résistance à la sécheresse est tout autre, et il vaut mieux renoncer à cette plante dans les régions aux étés très chauds et secs car le feuillage est de plus sensible aux brûlures du soleil. Pour résumer les besoins de Hedychium greenii, il lui faut un emplacement à la mi-ombre, un sol bien fertile et suffisamment pourvu en humus, maintenu frais, conditions partagées par nombre de fougères ce qui m’ a conduit à inclure cette plante au nombre des plantes compagnes.

Contrairement à nombre d’ espèces du genre, les fleurs de Hedychium greenii sont parfaitement inodores, mais ce serait bien là le seul reproche que l’on pourrait faire à cette plante qui se rattrape largement par la beauté du coloris corail foncé de ses fleurs, et par l’opulence de son feuillage dont le revers  est d’une teinte pourpre inhabituelle. La floraison qui se produit tardivement survient à l’ automne à condition que les températures restent assez élevées. Dans les zones plus favorisées, où les premières gelées surviennent tardivement, Hedychium greenii développe sur les inflorescences fanées des plantules vivipares qui lorsqu’elles viendront à toucher le sol pourront s’ enraciner et donner naissance à une nouvelle plante.

Pour en savoir plus sur les zingibéracées je recommande la lecture de Hardy Gingers paru chez Timber Press.

Carex oshimensis ‘Everillo’

Samedi 5 octobre 2013

Carex oshimensis 'Everillo'

Carex oshimensis est une plante vivace appartenant à la famille Cyperaceae. Elle est originaire du Japon, plus précisément  de l’ île de Honshu. Ses habitats naturels qui sont les bois secs et les pentes rocheuses témoignent de sa bonne adaptation aux emplacements ombragés et un peu secs. La floraison qui se produit au printemps reste discrète et peut passer inaperçue. Si l’ espèce type reste peu diffusée, les nombreux cultivars sont largement distribués. Parmi ceux ci  ‘Everillo’ se distingue du groupe par un feuillage qui passe d’ un vert acide pendant l’ hiver à un vert doré pendant l’ été, encore plus intense si l’ exposition est ensoleillée. Ce feuillage doré apporte un contraste bienvenu parmi les feuillages plus sombres de certaines fougères, comme ici celui de Polystichum setiferum ‘Divisilobum’.La photo a été prise en fin d’ hiver, début de printemps.

Rohdea japonica ‘Tama Jishi’

Samedi 20 juillet 2013

Rohdea japonica 'Tama Jishi'

Après avoir présenté Rohdea japonica ICI voici un nouveau cultivar nommé  ‘Tama Jishi’.

Ce petit omoto, très original, se distingue par ses feuilles finement bordées d’ une bande blanche, et curieusement entortillées. Il reste bas et atteint tout juste 20 cm de haut. Le seul reproche que l’ on pourrait lui faire est l’ extrême lenteur de son développement. Il aime les emplacements totalement à l’ ombre et a besoin d’ un substrat frais mais drainant. Avec son feuillage parfaitement persistant c’ est l’ une de mes plantes préférées pour l’ hiver, un petit bijou à placer non loin d ‘une fenêtre pour se réconforter pendant la triste saison.

Disporum taiwanense

Samedi 15 juin 2013

Disporum taiwanense

Ce Disporum qui m’a été vendu sous le nom de Disporum cantoniense m’est apparu assez rapidement différent de cette espèce que je cultivais déjà. Les fleurs marquées de pourpre sont portées par de longs pédicelles, alors qu’ils sont courts chez Disporum cantoniense. Les feuilles sont étroites et lancéolées alors que chez Disporum cantoniense elles sont plus larges et de forme ovale. Enfin, le dernier détail qui m’a mis sur la piste de l’ identification de ce Disporum inconnu était la présence d’une tache rouge au niveau des noeuds de la tige, tache  absente chez Disporum cantoniense.

J’ai pu reconnaître qu’il s’agissait là de Disporum taiwanense, une espèce originaire de Taïwan comme son nom l’indique, et assez proche de Disporum cantoniense, d’où cette  possible confusion. La nomenclature des espèces de Disporum introduites en culture reste malheureusement encore un peu confuse, ce qui n’a rien de surprenant car si on prend l’ exemple de  l’espèce Disporum cantoniense , plusieurs variétés  et formes sont répertoriées.

Voilà bien de quoi dérouter le jardinier amateur, mais quoi qu’il en soit toutes les espèces de Disporum sont des plantes précieuses pour l’ ombre et me semblent promises à un bel avenir dans nos jardins, à mesure qu’ elles seront disponibles, car leur diffusion reste encore malheureusement confidentielle. Sue et Bleddyn Wynn-Jones qui ont été les pionniers de leur introduction en Europe ont écrit un article  très complet à leur sujet que vous pourrez lire ICI .

Disporum taiwanense tient ici compagnie à une fougère Dryopteris filix-mas ‘ Linearis Polydactyla’

Farfugium japonicum ‘Argentea’

Samedi 1 juin 2013

Farfugium japonicum 'Argentea'

Farfugium japonicum est une plante vivace originaire  d’ Asie, appartenant à la famille Asteraceae, présente à l’ Est de la Chine, en Corée, à Taïwan et au Japon. C’est un genre très prisé au Japon par de nombreux collectionneurs qui sont à la recherche des variations et des formes les plus étranges que peuvent prendre cette plante. Il en existe beaucoup, malheureusement la plupart d ‘entre elles sont difficilement trouvables en Europe.

Farfugium japonicum ‘Argentea’ est une forme à feuillage panaché de blanc. Il n’est pas exagéré de dire que cette plante ne possède pas deux feuilles identiques ! Certaines  feuilles sont presque entièrement vertes, surtout quand la plante est encore jeune, d’autres combinent des aplats de vert sur des feuilles blanches, tandis que d’ autres sont entièrement blanches. Sur un fond de feuillages sombres, à mi-ombre,  ce feuillage lumineux ressort magnifiquement bien. La floraison jaune, que je n’ai jamais vue, se produit pendant les mois d’ hiver, mais c’est bien sûr pour son feuillage qu’on la cultive.

Abordons maintenant la question de la culture de cette merveille, et c’est là que les choses se corsent. Au niveau de la rusticité, il ne faut pas trop se faire d’ illusions, si Fargium japonicum ‘Argentea’ peut facilement supporter quelques jours de gel, sa survie est menacée si le sol reste durablement gelé sur plusieurs semaines. La plante est également très vulnérable au soleil et à la chaleur, dans ces conditions le feuillage peut se flétrir rapidement et être victime de brûlures. Enfin il reste le problème posé par les gastéropodes qui sont très friands du feuillage. Pour toutes ces raisons une culture en pot s’impose, de même qu’une bonne surveillance, mais la plante est si belle et si difficile à trouver qu’elle mérite bien ces quelques attentions.

Farfugium japonicum ‘Argentea’ est ici accompagné par une fougère, Dryopteris formosana et par le feuillage panaché de Aspidistra elatior ‘Variegata’.

Disporum cantoniense ‘Night Heron’

Samedi 18 mai 2013

Disporum cantoniense 'Night Heron'

Après avoir précédemment présenté une forme à feuillage vert de Disporum cantoniense, voici à présent la variété connue sous le nom de ‘Night Heron’ qui se distingue par un beau feuillage presque noir à son émergence, la floraison étant identique à celle du précédent.

Selon les sources consultées Disporum cantoniense appartiendrait soit à la famille des Asparagacées, soit à la famille des Colchicacées ou encore à celle des Convallariacées, bref de quoi y perdre son latin ! Dans le doute je retiens la position de l’ International Plant Name Index pour lequel Disporum cantoniense est rattaché à la famille Convallariaceae.

Quoi qu’il en soit toutes les plantes distribuées sous le nom de Disporum cantoniense, on en connait même des formes à feuillage panaché, valent largement la peine d’ être recherchées car leur contribution au jardin de sous bois est inestimable. Un port remarquable, une floraison gracieuse, un feuillage restant beau toute la saison et même en hiver s’il ne gèle pas trop fort,une fructification restant longtemps sur la plante, franchement que pourrait-on attendre de plus d’une plante vivace ? Rien.

La photo a été prise juste avant le début de la floraison.

Luzula sylvatica ‘Taggart’s Cream’

Samedi 11 mai 2013

Luzula sylvatica 'Taggart's Cream'

Si les graminées sont pour la plupart d’ entre elles des plantes d’espace libre et dégagé en plein soleil, il en existe un certain nombre qui sont adaptées aux emplacement ombragés. Luzula sylvatica dont le nom d’espèce,sylvatica, nous indique qu’il s’agit là d’une plante sylvestre, en fait évidemment partie. Je précise au passage qu’il ne s’agit pas à proprement parler d’une graminée, les vraies graminées appartenant au genre des Poacées, mais d’une Joncacée. Son statut de monocotylédone fait qu’elle est rattachée à ce groupe de plantes, communément qualifié d’herbes ou de graminées.

Luzula sylvatica est une habitante des bois, landes et bords de ruisseaux du centre au sud de l’ Europe et jusqu’à l’ouest. C’est une plante très rustique, jusqu’à -20°, et dont le feuillage persistant reste beau tout au long de l’année. La photo a d’ailleurs été prise au mois de mars, avant le début de la nouvelle saison de croissance. Elle apprécie une exposition à mi-ombre dans un sol humifère, ce qui en fait une compagne toute désignée pour les fougères qui sont familières de ces conditions. Elle tient ici compagnie à Adiantum venustum que je considère comme la meilleure des espèces du genre car particulièrement ornementale, très résistante au froid et parfaitement persistante.

Luzula sylvatica ‘Taggart’s Cream’ possède un feuillage de teinte crème, délicatement bordé de vert. Comme il est malheureusement de règle avec les feuillages presque entièrement dépourvus de chlorophylle, la vigueur de la plante s’en trouve diminuée et il faut à tout prix la préserver du soleil qui entraîne des brûlures inesthétiques sur les feuilles. Mais après tout , tant de délicatesse vaut bien quelques précautions.