Archive pour la catégorie ‘Culture’

Fougères et tillandsias

Samedi 24 mai 2014

Fougères et tillandsias

Si les tillandsias sont souvent plantés en association avec les orchidées, en revanche on pense moins souvent à les associer à des fougères. L’association fonctionnera naturellement mieux avec des fougères épiphytes qui partagent avec les tillandsias les mêmes types d’habitats, que ce soit la pierre ou l’écorce des arbres.

Cette composition sur panneau de liège associe différentes formes de Tillandsia ionantha dont le cultivar ‘Mexico’ qui a récemment fleuri, Tillandsia fuchsii et une fougère épiphyte, de culture très facile, Microgramma vaccinifolia. Les plantes s’entendent à merveille et il est amusant de voir les rhizomes rampants de Microgramma vaccinifolia entourer délicatement la base des tillandsias et leur servir de maintien, toutes ces plantes étant maintenant fermement accrochées au liège. L’ensemble est fixé juste à côté d’une fenêtre exposée au sud car cette composition demande une exposition très lumineuse pour bien se développer. L’entretien est d’une simplicité enfantine puisqu’il consiste à vaporiser l’ensemble régulièrement et à fertiliser de temps à autre avec une engrais pour orchidées très dilué car ce sont des plantes très frugales qui ont surtout besoin de beaucoup de lumière.

Rien ne pousse sous les conifères

Samedi 17 mai 2014

Rien ne pousse sous les conifères

Enfin à ce qu’il parait… Parce qu’ici cette affirmation me semble un peu erronée. Qu’on en juge un peu… Sur un mètre carré poussent un if de trois mètres de haut, trois fougères, le tout bordé par une haie de buis basse, lequel buis est bien connu pour émettre beaucoup de fines racines dans le sol, quant aux racines de l’if je n’en parle même pas!

Au milieu de cette concurrence frénétique pour l’espace, la lumière, l’eau et le sol pour ancrer ses racines, les fougères s’en tirent très bien. A l’avant plan figure Pteris cretica ‘Albo-lineata’, à gauche Dryopteris pulcherrima et à droite Polystichum setiferum.

Comment ce miracle a-t-il été rendu possible ? Au moment de la plantation des fougères, les branches basses de l’if ont été élaguées, le sol creusé le plus profondément possible et les racines gênantes coupées. Un peu de terreau a été ajouté dans le trou de plantation pour faciliter l’enracinement des fougères dont les racines fines et superficielles  en font des plantes particulièrement bien adaptées à ce type de situation. A l’automne du compost semi décomposé est répandu et recouvert par une épaisse couche de feuilles mortes de façon à enrichir régulièrement le sol en matière organique. Au niveau de l’arrosage, il n’y a pas de système d’irrigation permanente dans le jardin, les plantes devant se contenter d’un arrosage hebdomadaire en été. Par contre comme cet emplacement est un peu déshérité par rapport au reste du jardin, il reçoit régulièrement en plus l’eau de lavage des légumes, qui au passage est excellente pour les plantes.

J’avais oublié de dire que l’if abrite aussi Asplenium antiquum cultivé en panier suspendu qui ainsi bénéficie de la canopée protectrice du feuillage. Voilà un conifère bien accueillant !

Couper les frondes des fougères

Samedi 26 avril 2014

On m’a plusieurs fois posé la question de savoir s’il fallait oui ou non couper les anciennes frondes des fougères. S’il est difficile d’apporter une réponse définitive à cette question, chaque jardinier forgeant sa propre expérience en fonction des plantes qu’il cultive et du lieu et du climat où il se trouve, il est tout de même possible de dégager des éléments de réponse qui dérivent de l’observation et du bon sens et non simplement de considérations purement esthétiques.

La question ne se pose évidemment pas pour les fougères à feuillage caduc, généralement originaires des zones tempérées, comme par exemple Athyrium filix-femina, qui en perdant leur feuillage à l’automne font preuve d’une adaptation naturelle au froid. Pour celles dont le feuillage est sempervirent, c’est-à-dire qu’au lieu de se dessécher en début d’hiver il persiste d’une saison sur l’autre pour prendre l’ exemple de Polystichum setiferum, voire même plusieurs années dans le cas d’ Asplenium ceterach, on peut penser que la persistance du feuillage a  pour raison d’être la protection de la couronne pendant l’hiver. Il ne faut donc pas couper les frondes à l’automne et les laisser en place jusqu’au printemps. Si l’hiver a été doux et exempt de chutes de neige qui ont pour résultat de briser les stipes par leur poids, les frondes de l’année précédente peuvent être conservées tant qu’elles sont en bon état et contribuent à alimenter la plante. En revanche si elles sont très abimées, on pourra les couper et les débiter en tronçons qu’on laissera autour du pied sous forme de mulch.

A cela on pourra objecter que dans la nature les plantes doivent se débrouiller seules et qu’il n’y a pas un jardinier dévoué derrière chacune d’entre elles. Mais seulement voilà, le jardin n’est pas la nature et nous cultivons dans nos jardins des plantes qui sans notre intervention et nos soins constants ne se seraient jamais introduites et maintenues, sans même parler des plantes originaires d’autres continents et d’autres climats que le notre. C’est là qu’intervient l’expérience personnelle du jardinier et je vais y apporter ma petite contribution. Comme j’ai pu le constater sur plusieurs années, les fougères sont très sensibles à la sécheresse printanière. A la limite si elles devaient manquer d’eau pendant la saison de croissance, il vaudrait mieux que ce soit pendant l’été qu’au cours du printemps. Si le printemps est exceptionnellement sec comme c’est le cas cette année, il faut arroser sinon les crosses qui se déroulent très vite en cette saison risquent d’avoir un développement incomplet, voire même d’avorter, phénomène que j’ai surnommé la momification des frondes, Dryopteris erythrosora y semblant particulièrement sujette, la croissance stoppe alors et la fronde noircit.

Pour remédier à ce problème, et c’est là que j’en reviens au sujet initial, il vaut mieux en cas de sécheresse printanière couper les frondes de l’année précédente, de façon à ce que la plante puisse consacrer toutes ses ressources à alimenter les frondes en cours de développement. Quand le printemps est normalement pluvieux ou dans les régions où les précipitations sont habituellement abondantes, le feuillage de la saison passée peut tout à fait être conservé et il se délitera naturellement en cours de saison.

Asplenium antiquum

Samedi 27 avril 2013

Asplenium antiquum

Par manque de place à l’ intérieur et aussi parce que j’ aime  pousser les plantes jusqu’à la limite de leur résistance, je cultive plusieurs sujets d’ Asplenium antiquum au jardin. Bien que vendue comme plante d’ intérieur, cette fougère originaire de la Corée, du Japon et de Taïwan, donnée pour rustique en zones 9 et 10, fait preuve d’ une certaine résistance au froid qui lui permet, moyennant certaines précautions d’ être cultivée comme ici en zone 8b.

Comme c’ est une espèce épiphyte, je cultive Asplenium antiquum dans un panier garni de fibre de coco qui permet un excellent drainage car cette  fougère  redoute l’ humidité  stagnante au niveau des racines. Elle est de plus suspendue en hauteur, situation qui la met à l’ abri des limaces et escargots qui sont en général assez friands du feuillage des différentes espèces d’ Asplenium, et plus particulièrement des espèces tropicales. Le choix de l’ emplacement est évidemment primordial, il est abrité du vent par un mur à gauche et par un if à droite. Cette protection est renforcée par une structure comportant des lattes disposées à l’ horizontale et destinée à filtrer les rayons du soleil. Tout ceci doit concourir à créer un micro climat au sein du jardin et recréer un effet de canopée. Les différentes variétés d’ Asplenium antiquum que je cultive dans ces conditions semblent bien s’ y plaire. Je ne les rentre dans un endroit hors gel que lorsque les températures descendent en dessous de -3°, ce qui tout compte fait ne représente guère plus de deux à trois semaines par hiver dans ma région.

La photo montre une variété d’ Asplenium antiquum nommée ‘Osaka’ dont la résistance semble tout aussi bonne que celle de l’ espèce type. Ce cliché illustre à merveille la façon dont les feuilles disposées en entonnoir capturent efficacement les débris végétaux environnants, en l’ occurrence des feuilles d’ if, qui constituent une litière suffisante pour nourrir la plante, celle-ci ne recevant aucun engrais.

Traiter en douceur les pucerons sur les fougères

Vendredi 27 juin 2008

Je veux parler bien sûr des fougères cultivées en intérieur, les fougères de jardin n’étant généralement pas touchées par ce problème.

Le puceron le plus fréquemment rencontré sur les fougères est noir avec des pattes blanches , enfin pour voir la couleur des pattes, il faut vraiment y regarder de très près !

Son nom est Idiopterus nephrolepidis. Il affaiblit les plantes en absorbant leur sève, causant la distorsion des frondes et contrariant leur bon développement car il s’attaque aux tissus encore jeunes, plus faciles à perforer.

Les pucerons sont plus fréquents au printemps quand la croissance des plantes redémarre. A ce moment de l’année on peut observer les adultes qui sont ailés. Afin de limiter les dégâts, il faut surveiller régulièrement les plantes toute l’année et ne pas hésiter à intervenir avant que l’infestation ne soit trop grave et la plante trop affaiblie.

Les fougères sont des plantes sensibles aux substances chimiques, en particulier les frondes des Adiantum peuvent être rapidement brûlées par des applications inappropriées.

Cela fait maintenant de nombreuses années que j’ai renoncé à tout traitement insecticide au jardin, faisant confiance aux insectes auxiliaires qui gèrent très bien les choses. Malheureusement les pucerons sur les plantes d’intérieur ne possèdent pas de prédateur, alors à un moment donné on est bien forcé d’intervenir.

A la recherche de solutions, j’ai passé en revue les différentes alternatives possibles aux traitements chimiques.

Il y a d’abord les traitements utilisables en agriculture biologique à base de roténone ou de pyrèthre, des substances végétales dont on sait à présent qu’elles ne sont pas si inoffensives qu’on le pensait autrefois. Je préfère les éviter.

Les purins et autres décoctions végétales (ortie, ail …). Pas faciles à utiliser à l’intérieur à cause de l’odeur. L’extrait de neem, un arbre indien (Azadirachta indica) est parait-il très efficace, mais je n’ai pas réussi à en trouver.

La pulvérisation d’eau seule ne suffit pas, un grand nombre de pucerons restant accrochés. Sinon on se demande comment ils feraient pour résister aux averses.

La pulvérisation d’eau savonneuse est déjà plus efficace même si son action n’est que répulsive.

Utilisatrice convaincue des plantes médicinales, l’idée de soigner les plantes par les plantes me semble aller de soi. J’ai donc cherché comment améliorer la traditionnelle formule de l’eau savonneuse au moyen d’extraits de plantes.Dans le domaine de la lutte contre les insectes, les plantes aromatiques semblent s’imposer. Elles sont rarement attaquées par les insectes et la forte odeur qu’elles dégagent les éloignent. Les huiles essentielles de plantes sont une forme pratique à utiliser.

Parmi les huiles essentielles réputées pour leur action insectifuge (faisant fuir les insectes) ou leur action insecticide (tuant les insectes) on peut citer entre autres :

L’eucalyptus citronné (Eucalyptus citriodora), la citronnelle de Ceylan (Cymbopogon naardus) et la citronnelle de Java (Cymbopogon winterianus) qui contiennent du citronnellal.

Le camphrier du Japon (Cinnamomum camphora) et le romarin camphré (Rosmarinus officinalis camphoriferum) qui contiennent du camphre.

Le clou de girofle (Eugenia caryophyllata) et les feuilles de cannelle de Ceylan (Cinnamomum zeylanicum) qui contiennent de l’eugénol.

L’écorce de cannelle de Ceylan qui contient de l’aldéhyde cinnamique.

Le cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) réputé pour éloigner les puces et les mites.

De cette sélection j’ai retiré le clou de girofle et la cannelle de Ceylan qui sont dermo-caustiques. Je ne sais pas si les frondes de fougères ont la même sensibilité que notre peau à ces substances, mais dans le doute je me suis abstenue. Il ne faudrait pas non plus que le remède soit pire que le mal…

J’ai donc utilisé l’eucalyptus citronné dont j’avais un flacon sous la main et j’ai essayé la formule suivante :

1l d’eau

1c. à soupe de savon noir liquide

10 gouttes d’huile essentielle d’eucalyptus citronné

L’ajout de savon noir est indispensable car il fait office de dispersant, les huiles essentielles n’étant pas solubles dans l’eau. Il faut bien mélanger avant utilisation.

Pour la pulvérisation il faut coucher le pot afin que le liquide ne pénètre pas trop dans le terreau. Tout en pulvérisant, passer la main sur les frondes pour récupérer les pucerons qui tombent et passer régulièrement la main sous un filet d’eau pour s’en débarrasser. Après avoir laissé en contact un moment, un bon quart d’heure, rincer soigneusement à l’eau le feuillage et le terreau afin de les débarrasser des résidus d’eau savonneuse.

J’ai obtenu de bons résultats avec cette formule, même les jeunes frondes d’Adiantum n’ont pas été brûlées. Par rapport à l’eau savonneuse seule, l’efficacité est nettement meilleure.

Des essais avec d’autres huiles essentielles seraient intéressants à faire. La citronnelle de Ceylan (Cymbopogon naardus) et la citronnelle de Java (Cymbopogon winterianus) contiennent beaucoup plus de citronnellal que l’eucalyptus citronné. On peut penser qu’elles seraient encore plus efficaces.

Le choix d’un contenant pour les fougères épiphytes

Dimanche 4 mai 2008

Le choix d’un contenant est avant tout une affaire de goût personnel.

Mais dans le cas des fougères épiphytes il doit tenir compte des conditions de vie particulières que rencontrent les plantes dans leur habitat naturel.

Le pire choix qui puisse être fait est celui d’un pot en plastique, surtout s’il s’accompagne d’un terreau de mauvaise qualité, pas assez drainant. En cas d’excès d’arrosage, les racines seront asphyxiées, conduisant à la mort rapide de la plante.

Pour comprendre pourquoi il faut d’abord se souvenir de ce qu’est une plante épiphyte.

Les épiphytes, comme certaines orchidées, broméliacées, tillandsia et certaines fougères , sont des plantes qui tirent leur subsistance d’un hôte, généralement un arbre, sans le parasiter. Elles se nourrissent des nutriments que les pluies tropicales apportent par ruissellement du sommet de l’arbre. Elles ne poussent donc pas dans la terre, mais dans une accumulation de débris de feuilles, d’écorce, de mousse et de lichen.

Ainsi le Polypodium aureum est fréquemment associé à un palmier, Butia comata.

Parmi les autres fougères épiphytes on peut citer les Platycerium, Asplenium, la plupart des variétés de Nephrolepis et les Polypodium.

Les pots en plastique présentent l’inconvénient majeur de ne pas laisser passer l’air au niveau des racines. Pour cette même raison, les pots émaillés et les caches pots sont à éviter.Un pot en terre cuite brute est préférable. Afin de permettre un meilleur apport d’oxygène aux racines, on peut percer les parois du pot sur tout son pourtour.

Les paniers ajourés en métal, garnis de mousse ou de fibre de coco conviennent particulièrement bien aux fougères qui possèdent de longs rhizomes rampants, comme les Davallia, Phlebodium, Microsorum. Disposant d’une plus large surface d’ancrage, les rhizomes vont se développer sur tout le pourtour du contenant, jusqu’à le dissimuler complètement, formant une sphère de feuillage très esthétique . Avec le temps, le métal peut finir par se corroder, mais c’est sans gravité. Par contre il ne faut pas utiliser de panier en cuivre qui est toxique pour les plantes.

Autre choix possible, les paniers ajourés en bois spécialement conçus pour les plantes épiphytes permettent une circulation optimale de l’air autour des racines ( voir photo ci-dessous). Le séquoïa résiste particulièrement bien à la pourriture.

Les contenants ajourés doivent préalablement être garnis de mousse ou de sphaigne de façon à retenir le substrat. Celui ci, très drainant, sera composé de terreau, de sphaigne, de tourbe, d’écorce et de perlite.