Archive pour la catégorie ‘Les compagnes des fougères au jardin’

Liriope muscari ‘Variegata’

Samedi 7 novembre 2015

Liriope muscari 'Variegata'

S’il existe une plante incontournable dans un jardin ombragé, c’est bien celle-ci. Genre proche d’ Ophiopogon, Liriope est également originaire de l’ Asie de l’ Est. Il est assez difficile de dire  de combien d’espèces est composée la famille Liriope puisque nombre d’entre elles  ont été transférées dans le genre Ophiopogon. Cependant l’espèce Liriope muscari reste maintenue dans le genre Liriope.

L’ espèce type qui est originaire de Chine, du Japon et de Taïwan a été supplantée dans nos jardins par ses nombreux cultivars, prisés autant pour leurs fleurs dont les teintes varient du blanc au violet soutenu, que pour leurs feuillages variés qui vont du presque blanc au vert le plus soutenu, en passant par différents panachages. Enfin bref, le choix est immense et on trouvera toujours une plante à son goût, d’autant plus qu’elle sait s’adapter à tous types de sols et d’expositions. Si on ajoute à ce tableau déjà flatteur que le feuillage est en plus persistant, on obtient une plante proche de la perfection !

Comme son nom l’indique Liriope muscari ‘Variegata’ possède un feuillage panaché de jaune qui forme un contraste assez inattendu avec la floraison violette. Cet ensemble détonnant demande à être entouré de feuillages de teinte sobre, sinon gare à l’overdose avec d’autres plantes à feuillage ou à floraison vivement colorées. Elle est ici plantée en compagnie de  Polypodium vulgare ‘Bifido-cristatum’.

Aechmea gamosepala

Samedi 10 octobre 2015

Aechmea gamosepala

Aechmea gamosepala est une broméliacée épiphyte originaire du Brésil. Le genre Aechmea est riche de plus de 250 espèces, toutes originaires de l’ Amérique centrale et de l’ Amérique du sud,  mais que l’on trouve dans une grande variété d’habitats, aussi est-il difficile de généraliser sur leurs besoins culturaux. Ce sont principalement des espèces épiphytes possédant des feuilles cylindriques disposées en rosette et formant un réservoir capable de retenir l’eau.

Bien que la rusticité des broméliacées est une science encore dans son enfance, tout au moins sur le continent européen, il semblerait que Aechmea gamosepala soit une espèce cultivable en zone 9, ce qui correspond sur notre territoire aux zones du littoral. En dehors de ces zones privilégiées, il faut prévoir d’abriter la plante quand la température descend sous les -5°. En zone urbaine, comme ici c’est tout à fait possible puisque cet Aechmea passe la quasi totalité de l’année dehors, en compagnie de certaines fougères épiphytes semi-rustiques comme par exemple Nephrolepis cordifolia.

Aechnmea gamosepala et Nephrolepis cordifolia sont toutes les deux cultivées en plein soleil, ce qui explique la teinte dorée prise par le feuillage. L’ exposition généralement recommandée pour Aechmea gamosepala est la mi-ombre mais je pense que cultivée loin de son aire climatique d’origine, une exposition bien ensoleillée pendant toute la saison de croissance est bénéfique pour assurer sa survie hivernale. Le réservoir formé par les feuilles peut contenir une grande quantité d’eau et il faut penser à le vider périodiquement en hiver, et avant de déplacer la plante sous peine de se faire doucher ! Les insectes ont bien vite repéré cette ressource inespérée d’eau pendant la longue période de sécheresse et sont venus s’y abreuver, même s’il y a eu des cas de noyades de guêpes.

L’assemblage de couleurs, entre le vert jaune doré du feuillage, le rose fuschia de la hampe florale et le bleu mauve des fleurs, produit un effet un peu psychédélique mais cette petite touche inattendue au milieu d’un océan de verdure produit un point de repère dans le jardin.

Un avant-goût de vacances

Samedi 25 juillet 2015

Un avant-goût de vacances

Moment magique capturé dans la douce lumière du matin, cette scène qui associe Neomarica caerulea, Woodwardia orientalis et Cyathea tomentosissima donne des envies d’ évasion vers des horizons inconnus. L’ échappée des vacances est propice à la découverte de nouveaux paysages et à la visite de beaux jardins. Autant de sources d’inspiration pour son propre jardin que l’on regarde avec un oeil neuf après cette période de séparation plus ou moins longue.

Bonnes vacances à tous et à toutes.

Neomarica caerulea

Samedi 4 juillet 2015

Neomarica caerulea

Neomarica est un genre appartenant à la famille des Iridaceae comportant une vingtaine d’espèces originaires de l’ Amérique tropicale. Ces vivaces rhizomateuses au feuillage persistant portent des fleurs qui ne durent que l’espace d’une journée, mais se renouvelant sur une longue période.

Neomarica caerulea est une espèce originaire du sud du Brésil. Les sépales des fleurs sont mauves et rayés de brun à la base tandis que les pétales, plus petits, sont violets et également striés de blanc et de brun. Neomarica caerulea doit son surnom d’iris marcheur à son mode de propagation particulier. En effet après que la fleur ait été fécondée, une plantule se développe à son niveau, croît pour ensuite fleurir à son tour, tant et si bien qu’en fin de saison la tige finit par ployer jusqu’au sol, permettant ainsi aux plantules de s’enraciner. Il est alors facile de détacher ces  ‘keikis’ qui bien souvent se détachent d’eux mêmes, pour les mettre  dans un verre d’eau où ils ne tarderont pas à émettre des racines.

Bien qu’étant une plante tropicale  rustique seulement en zone 10 et 11, il est possible de cultiver Neomarica caerulea en zone 8, à condition de le protéger du gel. Je maintiens cette plante depuis 3 ans en pot, et elle refleurit tous les ans, sans soins particuliers. Elle peut ainsi être utilisée comme plante d’accent et déplacée au gré de ses envies. Comme les fougères elle apprécie les emplacements un peu ombragés et des arrosages suivis.

Iris confusa

Samedi 27 juin 2015

Iris confusa

Iris confusa est une iridacée originaire de l’Ouest de la Chine. C’est un iris rhizomateux qui se propage au moyen de ses longs stolons rampants. Il présente la particularité de porter des feuilles regroupées en éventail, disposées au sommet de longues tiges, ce qui lui a valu son surnom d’ iris bambou. Le feuillage, épais et persistant, est brillant sur le dessus et glauque sur l’envers. L’inflorescence apparait au milieu des feuilles et les fleurs sont portées par de courts pédicelles. La teinte varie du blanc au bleu, avec une tache orangée. Les fleurs sont éphémères mais la floraison s’étale sur une longue période d’avril à mai.

Iris confusa se montre raisonnablement rustique en zone 8, tant que le froid reste modéré. Les fortes gelées et la neige peuvent abimer le feuillage, et par là compromettre la floraison printanière, puisque l’inflorescence se développe au coeur même du feuillage. Ce fut le cas en 2012 mais la souche s’est montrée bien rustique. Bien qu’appréciant la mi-ombre et les sols frais, Iris confusa accepte une exposition ensoleillée et résiste assez bien à la sécheresse. Bien plus que pour sa floraison, je le cultive d’abord pour son superbe feuillage insolite.

Schefflera taiwaniana

Samedi 6 juin 2015

Schefflera taiwaniana

Schefflera taiwaniana appartient à la famille des Araliaceae. Le genre Schefflera regroupe environ 650 espèces largement distribuées en Amérique, en Asie du Sud-Est et en Océanie. Peu d’entre elles sont cultivées et elles le sont principalement pour leur feuillage ornemental. Les feuilles sont généralement composées-palmées avec des folioles portées par de courts pétiolules. Les fleurs sont petites, sans intérêt ornemental  prises individuellement, mais formant de remarquables inflorescences, généralement en ombelles ou en épis.

Schefflera taiwaniana est un petit arbre originaire des forêts de Taïwan, d’altitude comprise entre 2000 et 2900 mètres, où il pousse en compagnie de résineux. Dans son habitat naturel, sa hauteur varie de 2 à 4 mètres. Si sa culture en Europe est encore relativement récente, on peut déjà estimer qu’il s’y montre relativement rustique. En cas de froid intense et prolongé, le point de croissance peut geler mais au printemps suivant d’autres apparaitront plus bas sur le tronc.

Généralement, je trouve que les fougères ne font pas très bon ménage avec les arbustes dont les branches basses et le feuillage touffu font concurrence et entravent le bon développement des frondes. Schefflera taiwaniana avec un développement plutôt vertical et peu ramifié à la base ne présente pas cet inconvénient. Dans la même famille des Araliaceae, le genre Fatsia possède le même port. S’il est conseillé de planter Schefflera taiwaniana à l’ombre, il se plait aussi à mi-ombre comme c’est le cas ici.

Chloranthus oldhamii

Samedi 30 mai 2015

Chloranthus oldhamii

Chloranthus oldhamii est une plante vivace appartenant à la famille Chloranthaceae, originaire de Taïwan.

La souche rhizomateuse porte des tiges dressées, noueuses et glabres. Les feuilles opposées sont regroupées par 4 à l’extrémité des tiges. Les feuilles de forme orbiculaire à elliptique possèdent un apex acuminé et des marges profondément dentées.L’ inflorescence en forme d’ épi retombant nait à l’extrémité de la tige. Ces épis sont disposés en racèmes, généralement opposés. Aux fleurs blanches succèdent des drupes brunes obovoïdes à piriformes.

Je cultive cette plante depuis maintenant quelques années au jardin. Bien qu’elle soit considérée comme une plante d’ombre, j’ai dû la déplacer car elle végétait à cet emplacement. Depuis qu’elle se trouve à un emplacement plus ensoleillé, elle est plus vigoureuse et fleurit davantage. En tant que native de Taïwan, elle se trouve peut-être en limite de rusticité quand elle est cultivée en zone 8, ce qui est une raison supplémentaire pour lui choisir un emplacement chaud et abrité. Elle se montre plutôt bien résistante à la sécheresse, ce qui est le cas dans cette bordure de massif.

Elle est ici entourée à sa gauche par Tinantia pringlei, et à sa droite par Hakonechloa macra ‘Aureola’. Cette plante figure parmi mes plantes d’accompagnement préférées pour les fougères. J’aime son élégance, à la fois racée et naturelle, bien loin des obtentions horticoles parfois criardes et artificielles, mais ce point de vue n’engage que moi, bien sûr , le jardinage étant avant tout une affaire de goût personnel.

Le genre Chloranthus était mis à l’honneur cette année à la fête des plantes de Chantilly avec la recommandation au mérite de Chloranthus multistachys.

Calanthe discolor

Samedi 9 mai 2015

Calanthe discolor

Calanthe discolor est une orchidée terrestre originaire d’ Asie où on la trouve au Japon, du nord jusqu’à la péninsule d’ Izu, en Corée et à l’ Est de la Chine. Le nom d’ espèce discolor fait référence au contraste prononcé des fleurs possédant des sépales et des pétales d’un brun rosé et un labelle blanc à légèrement mauve. Cette  sublime floraison se produit au début du printemps, à point nommé pour accompagner le déploiement des premières frondes de fougères. Le feuillage n’est pas en reste puisqu’il est joliment plissé et persiste en hiver tant que les gelées ne sont pas trop sévères. La rusticité s’avère satisfaisante puisqu’on l’estime de l’ordre de -10°, ce qui est plutôt étonnant pour un genre majoritairement tropical, mais pas si surprenant au vu de l’ habitat naturel de ces plantes d ‘altitude.

Calanthe discolor tient ici compagnie à deux fougères qui sont respectivement Coniogramme intermedia à droite et Lophosoria quadripinnata en arrière plan.

Veratrum nigrum

Samedi 25 avril 2015

Veratrum nigrum

Veratrum nigrum est une plante vivace appartenant à la famille Melanthiaceae. Son aire de répartition recouvre l’ Europe centrale, le sud de l’ Europe, l’ Est de l’ Asie, la Sibérie, le nord de la Chine et la Corée. Elle se fait rare en France où elle bénéficie du statut d’espèce protégée.

C’est une plante de croissance lente et de grande longévité, la mienne n’a pas encore atteint l’âge de fleurir. Elle produit en été une hampe florale ramifiée, atteignant 1 mètre de haut, portant des fleurs pédicellées, disposées en grappes lâches. Ces fleurs dont la teinte varie du brun foncé au pourpre noirâtre sont striées de vert et malodorantes. Si la floraison est spectaculaire, le feuillage mérite aussi l’attention, et plus d’un jardinier sera tenté par ses larges feuilles elliptiques, glabres et d’un vert tendre, joliment plissées. Elles rivalisent et même surpassent en beauté celles des hostas, mais ceci est un point de vue personnel.

La plante est très rustique et on ne lui connait pas de maladie. Ses seuls ennemis sont les gastéropodes qui semblent être friands du feuillage. Si elle supporte une exposition ensoleillée dans un sol frais à humide, son feuillage sera plus beau à la mi-ombre. Toutes les parties de la plante sont extrêmement toxiques.

Les Broméliacées au jardin

Samedi 28 mars 2015

Les Broméliacées au jardin

Petite scène estivale où des Broméliacées de toutes espèces voisinent avec Cyathea tomentosissima.

Au fil des années j’ai considérablement restreint la liste des plantes vivaces au jardin, soit parce qu’elles entraient en concurrence avec les fougères par leur développement trop rapide, soit parce qu’après une floraison éphémère, le feuillage perdait de son attrait. J’accorde à présent la priorité au feuillage des plantes d’accompagnement qui doit être à la hauteur de la beauté de celui des fougères et rester stable pendant plusieurs mois.

Les Broméliacées répondent parfaitement à ces critères, du moins pendant la période estivale, où elles sont sorties au jardin de la fin mai jusqu’à la fin du mois d’octobre. Comme ce sont des plantes épiphytes, elles sont facilement déplaçables et on peut s’amuser en renouvelant le décor. Quelle autre catégorie de plantes peut ainsi offrir une telle diversité de formes, de couleurs de feuillages et des floraisons parfois éblouissantes ? Elles sont extrêmement sobres et savent se contenter de peu. Je les suspends de-ci de-là avec les fougères épiphytes qu’elles accompagnent naturellement dans la nature.

Sensation de dépaysement garantie !